Assistants parlementaires européens

Assistants parlementaires européens : une belle cagnotte pour les partis

23 mai 2014 |  Par Ludovic Lamant et Marine Turchi

Piocher dans la manne européenne soulage les finances de leur parti. Mediapart détaille plusieurs cas d’eurodéputés français qui utilisent l’enveloppe du parlement pour rémunérer des militants.

Si l’on en croit le classement de l’ONG Votewatch, les élus français comptent parmi les moins investis au sein du parlement européen (21e État membre, sur 28, en termes de présence et de participation). Mais s’ils n’ont pas forcément brillé dans l’hémicycle lors du dernier mandat, certains eurodéputés français se sont acclimatés sans mal à d’autres règles du jeu bruxelloises. Ils se sont même révélés maîtres dans un genre très particulier : l’utilisation de l’enveloppe du parlement pour rémunérer des cadres de leurs partis.

Une fois élu à Strasbourg, chaque député s’entoure d’une équipe d’assistants, à géométrie variable, pour travailler sur les dossiers tout au long du mandat, préparer les rapports et les votes. Certains se contentent de deux ou trois collaborateurs, répartis entre Bruxelles et leur circonscription en France. D’autres, plus ambitieux, affichent six ou sept assistants au compteur. Mais pour tous, la règle est la même : un élu dispose d’une enveloppe de 21 000 euros charges comprises, pour rémunérer son équipe chaque mois. Libre à elle ou lui, ensuite, de s’organiser comme bon lui semble, en musclant ses effectifs au parlement, ou, au contraire, dans sa circonscription d’élection. Si l’ensemble de l’enveloppe n’est pas dépensé à la fin du mois, l’élu reverse ce qu’il reste aux caisses du parlement.

Mediapart a passé en revue certains cas de parlementaires français, à droite comme à gauche, qui ont profité de ce système d’assistants, pour rémunérer des cadres de leur parti ou courant politique. Deux vice-présidents du FN salariés par Marine Le Pen, l’un des principaux animateurs du courant de François Fillon placé chez l’eurodéputé filloniste Alain Cadec, des responsables du parti de gauche reconvertis en assistants éphémères de Jean-Luc Mélenchon… À chaque fois, il est très difficile d’établir avec précision le type de travail effectué par ces assistants bien particuliers auprès de leur élu à Strasbourg.

Sur le fond, ces manœuvres n’ont rien d’illégal. Parfois, ce ne sont que des contrats à temps partiel qui portent sur des sommes modestes. Les députés concernés profitent en général du flou juridique qui entoure le statut d’assistant « local ». Ces techniques d’élus ne sont d’ailleurs pas la spécificité du seul parlement européen, où, depuis 2009, l’encadrement des assistants s’est renforcé. Mais l’utilisation de ces fonds publics, censés, en théorie, financer la vie démocratique au sein du parlement, pour soulager, à la marge, les comptes des partis nationaux, laisse tout de même songeur. Inventaire de quelques cas flagrants.

  • Jean-Marie et Marine Le Pen (FN) : le cas emblématique

Longtemps endetté, le Front national est passé maître dans l’optimisation de l’enveloppe bruxelloise de ses trois députés. Au fil des mois, leurs assistants ont changé à plusieurs reprises, passant d’un poste ou d’un député à un autre. Jusqu’à attirer les questions du parlement européen lorsque Marine Le Pen a salarié, pendant la campagne de 2012, les deux vice-présidents de son parti. Comme l’avait révélé Mediapart, les services financiers du parlement se sont en effet interrogés à l’été 2012 sur les rémunérations comme assistants « locaux », à temps partiel, de Louis Aliot et Florian Philippot.

Tous deux furent les directeurs de campagne de Marine Le Pen pour la présidentielle, mais aussi les porte-parole de son parti pour les législatives. Or, comme l’avait rappelé le parlement, les fonds débloqués pour financer le travail des assistants parlementaires ne peuvent pas servir à financer une campagne électorale. Ce à quoi la présidente du FN avait répondu que « la durée horaire modeste de leurs contrats d’assistance parlementaire permet(tait) de concilier deux activités professionnelles ». Elle avait aussi précisé que Florian Philippot bénéficiait par ailleurs d’un « contrat complémentaire » lié à la campagne.

Marine Le Pen entourée de ses deux vice-présidents, Florian Philippot et Louis Aliot, au siège du FN, le 6 octobre 2011.Marine Le Pen entourée de ses deux vice-présidents, Florian Philippot et Louis Aliot, au siège du FN, le 6 octobre 2011. © dr

Un autre point avait questionné le parlement : l’embauche de son compagnon Louis Aliot, rémunéré dès juillet 2011 plus de 5 000 euros en brut par mois, pour un temps partiel (lire notre enquête) – un poste qu’il a quitté il y a quelques mois. Aujourd’hui, Marine Le Pen a placé parmi ses assistants « accrédités » l’une de ses proches, Catherine Griset, qui est parallèlement son assistante personnelle à son cabinet, au siège du FN.

De son côté, Jean-Marie Le Pen salarie comme assistants « locaux » son assistant personnel Gérald Gérin, sa secrétaire personnelle à Montretout Micheline Bruna (qui figurait l’année dernière parmi les assistants « locaux » d’un autre député FN, Bruno Gollnisch), le vice-président du FN en charge des élections et conseiller régional de Lorraine Jean-François Jalkh et Julien Sanchez, nouveau maire de Beaucaire, conseiller régional du Languedoc-Roussillon, qui fut jusqu’à son élection l’adjoint au directeur du service de presse du parti.

Ces noms ne sont pas inconnus. Membres du premier cercle des Le Pen, on les retrouve (à l’exception de Julien Sanchez) dans les statuts des micro-partis de la famille (lire nos articles ici et là), comme présidents, secrétaires généraux ou trésoriers. Jointe au cabinet de Jean-Marie Le Pen, Micheline Bruna ne souhaite pas commenter son poste d’assistante de député européen : « Moi je ne peux pas répondre, envoyez-moi votre mail pour le président. »

Le règlement du parlement interdisant depuis 2009 l’embauche d’un membre de sa famille, les Le Pen ne pouvaient pas recruter comme assistante parlementaire Yann Maréchal, sœur de Marine Le Pen, à la tête de la direction des grandes manifestations du FN. On la retrouve en revanche parmi les assistants « locaux » de Bruno Gollnisch, où elle participe selon lui aux « relations publiques et communication ».

Comment ces collaborateurs concilient-ils leur travail au FN et leur contrat auprès des députés européens ? Sont-ils également rémunérés par le parti ? À ces questions, le Front national ne répond pas (lire notre boîte noire). Jean-Marie Le Pen se contente d’expliquer qu’il a « 5 assistants dont un accrédité et 4 locaux dont 2 à temps partiel ». Bruno Gollnisch répond qu’il « n’a pas l’intention de détailler les charges, emplois, statuts, compétences de (leurs) collaborateurs, question sans grand intérêt au regard des enjeux actuels ».

Eric Chomaudon.Eric Chomaudon. © Viadeo

  • Alain Cadec (UMP) : un proche collaborateur de Fillon placé chez un eurodéputé filloniste

À l’UMP, l’un des exemples les plus saillants de cette astuce s’appelle Éric Chomaudon. Ce proche collaborateur de François Fillon aurait été son chef de cabinet si l’ancien premier ministre avait remporté la présidence de l’UMP. Entre septembre 2012 et février 2014, Chomaudon a été rémunéré par le parlement européen comme assistant « local », à temps partiel, de l’eurodéputé Alain Cadec, tout en travaillant bénévolement pour Fillon et son mouvement. Une manière pour le candidat à la présidentielle de 2017 de conserver son collaborateur qu’il ne pouvait, jusqu’en novembre, pas rémunérer.

À 33 ans, cet ancien conseiller technique de Fillon à Matignon est devenu l’adjoint au secrétaire général de son mouvement Force républicaine, son écurie pour 2017. Il gère aussi l’agenda et les relations avec les élus de l’ancien premier ministre. « Il a travaillé sur ces questions à Matignon, il a trouvé un prolongement naturel avec Force républicaine. Il l’accompagne dans tous ses déplacements », confirme le secrétaire général du mouvement, Patrick Stefanini. En mai 2013, il est avec lui au Forum de Doha. À l’automne, il est à ses côtés lors de sa tournée en régions :

Eric Chomaudon, toujours aux côtés de François Fillon. Ici à Dreux le 24 octobre, à Lyon le 5 septembre, à Nice le 13 septembre.Eric Chomaudon, toujours aux côtés de François Fillon. Ici à Dreux le 24 octobre, à Lyon le 5 septembre, à Nice le 13 septembre. © Photos du site de Force Républicaine

Pendant la campagne pour l’élection du président de l’UMP, François Fillon le présentait déjà comme son « collaborateur », comme en atteste ce courrier du 30 août 2012, dans lequel il sollicite un cadre de l’UMP pour les parrainages et le renvoie vers Éric Chomaudon.

Pour pouvoir conserver son collaborateur après Matignon, l’ancien premier ministre l’a placé chez l’un de ses proches, Alain Cadec, eurodéputé UMP de la circonscription Grand Ouest, qui l’a pris en charge avec son enveloppe de parlementaire. Car ni Fillon, qui avait déjà utilisé son quota de collaborateurs de député de Paris, ni son mouvement, ne pouvaient rémunérer Éric Chomaudon. « Force républicaine n’a pu me prendre en charge que lorsqu’elle a eu un peu de moyens, en novembre », explique à Mediapart Éric Chomaudon. Quand je suis sorti de Matignon, je vivais avec l’allocation chômage et mon contrat à temps partiel avec Alain Cadec, qui consistait en une vingtaine d’heures par mois. »

Alain Cadec et Eric Chomaudon (à l'arrière-plan) avec François Fillon, en visite à Bruxelles le 21 février 2013.Alain Cadec et Eric Chomaudon (à l’arrière-plan) avec François Fillon, en visite à Bruxelles le 21 février 2013. © alain-cadec.org

Sur sa fiche Linkedln, Éric Chomaudon évoque son travail aux côtés de François Fillon et Force républicaine, mais ne mentionne pas son poste auprès d’Alain Cadec. Un oubli ? Autre étrangeté : bien qu’assistant « local » d’un eurodéputé élu dans les Côtes-d’Armor, il habite dans le VIe arrondissement de Paris et ne possède aucune résidence dans l’Ouest.

D’après des témoignages recueillis par Mediapart, certains se sont interrogés, à l’UMP et au parlement européen, sur la réalité de cet emploi. Éric Chomaudon affirme qu’il n’avait rien de fictif : « J’étais rémunéré pour un travail que j’effectuais pour Alain (Cadec). Il n’y a pas de règles, l’assistant local s’installe où il veut, la mission est définie entre lui et le député. J’étais en charge des relations avec les élus et cadres UMP. Je suis son représentant à Paris, pour faire le travail au parlement, il a d’autres assistants à Bruxelles. »

Pourtant, bien que basé à Paris et en charge des relations avec les élus, Éric Chomaudon est inconnu à l’antenne du parlement européen à l’Assemblée nationale, que nous avons contactée. Même Matthieu Leroux, le responsable du groupe PPE (la droite européenne) au bureau de Paris, en lien avec plusieurs assistants « locaux » ou accrédités à Bruxelles, explique à Mediapart qu’il « ne sai(t) même pas qui c’est » et que son bureau n’a été en contact qu’avec Angélique Pawlak, l’autre assistante « locale » d’Alain Cadec. « Ils ne connaissent pas tous les assistants », plaide Éric Chomaudon, qui précise : « Ma mission était d’échanger avec les députés, sénateurs, cadres UMP, cela se passe dans les couloirs. »

Chomaudon était en réalité surtout présent à l’UMP, ce qu’il assume : « Pendant un an, on était en période électorale. Entre les municipales et les européennes, il y avait quasiment toutes les semaines des réunions de la commission nationale d’investiture (CNI), dont est membre Alain (Cadec). Il n’est pas que député européen, c’est aussi un homme politique. Il suit aussi l’action du parti, et comme il ne pouvait pas être présent au bureau politique de l’UMP le mercredi, je lui faisais des comptes-rendus. »

Pour autant, le collaborateur de Fillon ne nie pas la porosité entre ses deux postes : « Tout cela est mélangé et lié. » Il ne conteste pas non plus ce système des enveloppes parlementaires dont profitent les partis. « Nous sommes beaucoup à cumuler un ou deux contrats de parlementaires pour des missions croisées. Cela vaut aussi pour un collaborateur de parlementaire national », explique-t-il, en affirmant qu’« on se partage le temps » car « dans ces boulots on bosse 24 heures sur 24. » Contacté par Mediapart, Alain Cadec, lui, ne voit pas le problème et évoque « un contrat à temps très partiel ».

« Rien n’interdit à un chômeur d’exercer une activité bénévole », justifie de son côté Patrick Stefanini, qui ne cache pas que son mouvement n’avait pas les moyens de rémunérer des cadres avant l’automne. « Force républicaine n’avait pas de salariés, la plupart étaient des collaborateurs de cabinet. Éric Chomaudon était un collaborateur bénévole, il s’occupe de tous les déplacements de François Fillon, qui ne sont pas financés par l’UMP étant donné les relations avec Jean-François Copé… »

François Fillon venu soutenir Alain Cadec (à droite) pour les européennes, lors d'un meeting dans la Sarthe, le 7 mai.François Fillon venu soutenir Alain Cadec (à droite) pour les européennes, lors d’un meeting dans la Sarthe, le 7 mai. © dr

L’eurodéputé a-t-il voulu rendre service à François Fillon, dont il est un fidèle, en embauchant son collaborateur, que l’ancien premier ministre ne pouvait rémunérer lui-même ? L’ancien premier ministre s’est d’ailleurs battu pour son investiture. Représentant de son mouvement force Républicaine dans les Côtes-d’Armor, Alain Cadec est, avec Alain Lamassoure, le seul filloniste tête de liste aux européennes.

« François Fillon s’est battu comme d’habitude pour défendre ses amis, d’autant qu’Alain (Cadec) a un bilan très honorable », se contente de répondre Éric Chomaudon, qui explique son arrivée chez l’eurodéputé par une relation ancienne : « Cela fait des années que l’on se connaît avec Alain (Cadec), et on a eu une possibilité de travailler ensemble. »

Sa mission s’est en tout cas terminée en février, juste après l’investiture pour les européennes d’Alain Cadec. « Une fois investi, il a décidé de revoir sa stratégie, ses différents collaborateurs, et moi de me consacrer pleinement à Force républicaine et François Fillon. » Du côté de l’ex-premier ministre, on explique qu’Éric Chomaudon est salarié de Force républicaine « à mi-temps, depuis novembre » et collaborateur du député de Paris « depuis mars », puisqu’une « petite partie de l’enveloppe parlementaire s’est libérée ».

Ce n’est pas la première fois que les moyens de campagne de l’ancien premier ministre suscitent des interrogations. En 2012, Fillon avait déjà été accusé d’organiser sa campagne législative depuis Matignon en faisant travailler plusieurs de ses collaborateurs, dont Éric Chomaudon. C’est d’ailleurs chez lui qu’était domiciliée l’association de financement du candidat Fillon, comme l’avait relevé Rue89« Il a une vie en dehors de Matignon », avait alors justifié Matignon.

  • Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche) : des collaborateurs tous militants du parti

Jean-Luc Mélenchon et François Delapierre, secrétaire national du parti de gauche, et son assistant accrédité à Bruxelles.Jean-Luc Mélenchon et François Delapierre, secrétaire national du parti de gauche, et son assistant accrédité à Bruxelles. © Reuters

Sur sa page officielle au parlement européen, Jean-Luc Mélenchon déclare pas moins de sept assistants, avec des contrats très variés. À y regarder de près, beaucoup d’entre eux font aussi – et surtout – tourner la machine du parti de gauche à Paris. Faux, se défend d’emblée Laurent Mafféis, qui supervise l’équipe bruxelloise : « Aucun d’entre nous, à l’exception de François Delapierre, n’a de responsabilité exécutive au sein du parti de gauche. » Et aucun d’entre eux, assure-t-il, n’est rémunéré en même temps par le parti. Mafféis, que Mélenchon présente comme son « disque dur », a notamment dirigé, pendant la campagne présidentielle de 2012, le « pôle argumentaire » du Front de gauche, à une époque où il était déjà assistant accrédité à Strasbourg.

« Je travaille avec Jean-Luc Mélenchon depuis l’époque où il était ministre (2000-2002, ndlr) et il a toujours fait cela, choisir ses collaborateurs parmi des militants », poursuit Mafféis. De ce point de vue, le casting bruxellois est impressionnant : outre François Delapierre, secrétaire national du PG à la « bataille idéologique », on trouve Juliette Prados, l’attachée de presse du patron du PG, Antoine Léaument, qui se présente comme le responsable de la commission réseaux sociaux du parti, ou encore Matthias Tavel, qui travaille à l’argumentaire du parti.

Une manière de récompenser les militants les plus motivés, en leur versant un salaire que le parti de gauche n’a tout simplement pas les moyens de payer autrement ? Voire de rémunérer des cadres sans le dire ? « Ce n’est absolument pas le cas, et ce n’est pas comme cela qu’on l’envisage », assure Laurent Mafféis. « Jean-Luc Mélenchon ne se découpe pas en tranches, il n’y a pas d’un côté le président du parti de gauche, et de l’autre l’eurodéputé. Il est tout à la fois, il parle de l’Europe en permanence, et fait beaucoup pour européaniser le débat français. Il est donc logique que son attachée de presse soit la même pour le parlement européen et pour le parti de gauche. »

C’est déjà ce que le co-président du Front de gauche expliquait à Mediapart en juillet 2013, en substance, en réponse aux attaques contre son manque d’assiduité au parlement européen : « Je ne suis pas un fonctionnaire du parlement, je suis un représentant du peuple français au parlement européen. C’est la conception de base de mon mandat. »

Également contacté par Mediapart, François Delapierre précise qu’il s’agit dans son cas d’un « temps ultra-partiel » – 10 % de son temps de travail –, exercé depuis moins d’un an, depuis Paris – comme son statut d’assistant « local » le lui permet. « Je travaille sur la coordination de l’action de Jean-Luc au parlement, avec le calendrier du parti de gauche », explique Delapierre, qui tire l’essentiel de ses revenus de son poste de conseiller régional en Île-de-France. Les trois autres assistants « locaux » sont, eux, employés à temps plein.

  • Jean-Louis Cottigny (PS) : un dirigeant de la fédération PS du Pas-de-Calais comme assistant

Jean-Louis Cottigny et son collaborateur Cédric Dupond.Jean-Louis Cottigny et son collaborateur Cédric Dupond.

Au Parti socialiste, le député européen Jean-Louis Cottigny, élu dans l’euro-région Nord-Ouest, affiche huit assistants parlementaires au compteur. Parmi ses assistants « accrédités », on trouve, depuis avril 2013, Cédric Dupond, repéré à seize ans, qui fut son adjoint à la mairie de Beaurains (Pas-de-Calais).

S’il est rémunéré pour un temps plein auprès de l’eurodéputé à Bruxelles et Strasbourg, Cédric Dupond cumule pourtant un grand nombre de postes et mandats dans le Pas-de-Calais : il est adjoint aux finances de Beaurains, élu à la communauté urbaine d’Arras et il est surtout à la tête de la fédération PS la plus puissante de France.

Membre du quatuor exécutif qui gère le PS 62, en charge de la vie fédérale et des élections, il fait office de premier secrétaire. Ce poste, non rémunéré, l’oblige notamment à être présent aux nombreux conseils, bureaux et secrétariats fédéraux (exemples récents ici, , ou encore là). Lors de sa prise de fonctions, il avait détaillé son plan pour « remettre en route » cette fédération mise sous tutelle.

Cédric Dupond (à gauche) avec les trois autres membres de la collégiale qui dirige la fédération du PS du Pas-de-Calais.Cédric Dupond (à gauche) avec les trois autres membres de la collégiale qui dirige la fédération du PS du Pas-de-Calais. © dr

Contacté, Cédric Dupond ne cache pas qu’il n’est pas « à 100 % du temps à Bruxelles ». « Tous les lundi et vendredi je suis à la fédération, mais je fais mes 35 heures auprès de Jean-Louis Cottigny, Bruxelles n’est qu’à 1 h 30 de route du Pas-de-Calais », explique-t-il, en affirmant avoir renoncé à un meilleur salaire à la préfecture, où il était attaché principal.

« Le temps plein n’est pas forcément géographique, justifie Jean-Louis Cottigny. J’ai confié à Cédric une mission de dossiers, pour ses compétences sur l’environnement. Il travaille pour moi, et son activité à la fédération est politique. » Concernant les cinq autres assistants « locaux », l’eurodéputé explique les avoir recrutés non pas par rapport à leur appartenance au PS mais « à leurs qualités et à une particularité personnelle ».

« J’ai pris en priorité des demandeurs d’emploi, des gens en difficultés professionnelles ou familiales, à qui j’ai voulu remettre le pied à l’étrier. » Il cite notamment « des gens qui avaient besoin de travailler un minimum d’heures pour retrouver la protection sociale », des bénéficiaires du RSA « qui ne trouvaient plus leur voie ».

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Au Front national, le directeur de communication Alain Vizier nous a renvoyés vers Ludovic de Danne (conseiller aux affaires européennes de Marine Le Pen et assistant « accrédité » à Bruxelles de Jean-Marie Le Pen), qui n’a pas donné suite à notre demande. Jean-Marie Le  Pen n’a, malgré nos relances, pas répondu à nos questions, se contentant de nous faire savoir, par email, qu’il avait « 5 assistants dont un accrédité et 4 locaux dont 2 à temps partiel ». Sollicité, Julien Sanchez, l’un de ses assistants « locaux », par ailleurs maire de Beaucaire, n’a pas donné suite.

Bruno Gollnisch est lui resté évasif en expliquant qu’il avait « plusieurs assistants, de divers statuts », fonctionnant « en pool » avec un partage des tâches (secrétariat, préparation des votes, suivi des commissions, gestion internet, relations internationales, relations publiques et communication), mais il a refusé d’en dire davantage.

 

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