Le Ravi, entre fragilité et détermination

Le Ravi, entre fragilité et détermination

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Caroline Constant
Jeudi, 14 Janvier, 2016
L’Humanité

Mensuel satirique et d’enquêtes basé en région Paca, le Ravi était à l’agonie fin 2014. Il renaît de ses cendres, et a doublé son nombre d’abonnés.

Ils ont frôlé la catastrophe, fin 2014 : l’aventure du Ravi, mensuel satirique d’investigation, basé à Marseille depuis 2003, semblait sur le point de s’achever, à coups de liquidation judiciaire et de cessation de paiements. Les salariés du journal ont déployé des trésors d’imagination pour que l’aventure continue. Cette mission est accomplie, puisque l’insolent journal, qui chatouille les édiles de la région Paca, a doublé son nombre d’abonnés et de ventes au numéro. Même si la situation reste très fragile.

Pour se sortir définitivement de l’ornière, le Ravi doit vendre 5 000 numéros chaque mois. La rédaction se donne trois ans pour atteind

re cet objectif. Car le Ravi en écoule aujourd’hui un peu plus de 2000. 5 000 exemplaires est un objectif raisonnable, puisqu’il représente, d’après Michel Gairaud, le rédacteur en chef, à peine « 0,01 % de la population de la région Paca ». Mais rien n’est évident, lorsque l’on est un journal pauvre : « Nous n’avions pas de dettes magistrales, même lorsque n

ous nous sommes retrouvés en redressement judiciaire », explique Sébastien Boistel, journaliste au Ravi. « Nous avons tout de suite réuni autour de la table toutes les organisations qui pouvaient nous aider, ce qui a plu à l’administrateur judiciaire. » Le journal a aussi, indirectement, bénéficié d’un

regain d’intérêt après l’attentat du 7 janvier 2015 à Charlie Hebdo : « Les lecteurs pensaient que la liberté de dessiner et de s’exprimer était acquise, estime Michel Gairaud. Ils ont eu peur, sont revenus. Mais tout a aussi bougé du point de vue institutionnel : le Mucem donne désormais une publicité par mois, des sommes se sont débloquées pour monter des projets, via une association “d’éducation populaire aux médias dans les quartiers dits de relégation”.» Les nouveaux abonnements courent jusqu’au printemp

s. Michel Gairaud se demande s’ils répondent « à un engouement éphémère ou durable ». Le journal, qui n’a pas le droit aux aides à la presse, a interpellé le ministère de la Culture. Qui devrait débloquer une enveloppe de 1,5 million d’euros… pour 110 titres « de proximité ». Tout en réfléchissant à un fonds pour l’émergence de nouveaux titres. Ce que moqu

e Sébastien Boistel : « C’est comme de mener une politique nataliste, sans se préoccuper de construire des PMI et des centres d’accueil de la petite enfance. »

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